Dura lex sed lex Belgique/Lituanie

October 19, 2009
By admin

dura lex sed lexLA LOI EST CRUELLE, MAIS C’EST LA LOI.

Un accord semble unir les justices lituanienne et belge, à la faveur des maffias en matière de gros trafic de voiture.  Peu s’en faut pour se poser la question de s’il n’y aurait pas un accord semblable en matière de pédocriminalité organisée.

En Lituanie, Vytautas Sustauskas, le Maire de Kaunas a été surpris par écoute téléphonique, a téléphoner à Henrikas Daktaras, chef mafieux local exposé pour 30 meurtres, kidnappings, chantage, trafic de drogue et possession illégale d’armes, afin de lui demander son aide pour former un groupe de soutien au président.

Pendant ce temps, un membre du gang de Daktaras, poursuivi en Belgique pour un traffic de 2000 voitures, aurait “profité d’une hypertension pour laquelle il aurait oublié systématiquement de se soigner à chaque tentative d’extradition” ce qui rendait médicalement impossible son arrivée en Belgique. 

Au résultat, la Belgique a mis sept ans pour examiner en première instance, le dossier des trafics de voiture, entre autre à Turnhout et à Anvers. Le temps que les Cours d’Appel et de Cassation se prononcent, les mis en cause sont assurés que la Cour des Droits de l’Homme les libère au motif du dépassement du délai raisonnable.

Ironiquement, le même procédé “d’erreur judiciaire” est utilisé pour anéantir les personnes qui exposent l’exploitation sexuelle d’enfants. Les motifs recevables pour les maffieux sont irrecevables pour les victimes, aussi bien en Belgique, qu’en Lituanie.

ILLUSTRATION

Des unités spéciales engagées contre la mafia lituanienne : 10 arrestations

Le Service Judiciaire d’Arrondissement de Liège 22/05/2002

 LIEGE 25/04/2002.- Le 23 avril 2002, à 05.00 heures, le Service Judiciaire d’Arrondissement de Liège, en collaboration avec les Polices locales, ainsi que les unités spéciales d’arrestation de Bruxelles, Charleroi et Liège, ont arrêtés dix membres de la mafia lituanienne.

La bande était active dans le trafic international de véhicules.

Sept suspects ont été arrêtés à leur domicile. Les trois autres ont été arrêtés au moment précis où ils voulaient amener une voiture volée en Allemagne dans un entrepôt à Liège-Wandre.

Les 10 suspects ont été placés sous mandat d’arrêt par le jude d’instruction Reynders à Liège.

L’enquête, initiée par la division ” Organisations Criminelles et Terrorisme ” du Service Judiciaire d’Arrondissement de Liège, remonte à quelques mois et était placée sous le contrôle de Mr Lecrompe, 1er Substitut du Procureur du Roi de Liège.

Les enquêteurs ont été mis sur la piste des suspects dans un hangar de Herstal. Autour de celui-ci, une activité intense y avait été détectée tant de jour que de nuit. Manifestement, il s’agissaient de pratiques douteuses car les enquêteurs ont remarqué un luxe de précautions prises à l’entrée ou à la sortie de ces hangars.

Lorsque le hangar a brûlé, les activités de la bande se sont déplacées vers deux autres endroits à Herstal et à Liège-Wandre. Leurs activités ont été là aussi étroitement surveillées.

Conjointement avec les services de la polices locales, les enquêteurs ont rassemblés les pièces du puzzle. L’organisation présentait une structure précise et chaque membre y avait une tâche spécifique : vol des voitures, démontage des voitures, intermédiaires ….

Cette structure, alliée aux méthodes de travail et aux premières informations recueillies en Lituanie font immanquablement penser à une appartenance mafieuse ou à tout le moins à une organisation criminelle.

Dans les différents entrepôts, huit voitures volées en Allemagne ont été retrouvées. D’autres voitures, également volées, se trouvaient aussi dans les hangars, à des stades de démontage et de découpage divers. Au total, trente à quarante véhicules ont été retrouvés.

Selon les premiers éléments de l’enquête, il semble que les pièces sont en provenance de véhicules allemands de la région rhénane, terrain de chasse privilégié de cette bande organisée. Certaines marques étaient particulièrement visées : Audi, BMW, Mercedes et VW. Deux à trois véhicules, au minimum, étaient volés chaque nuit.

 

L’antigang belge cible Kaunas – 2006

Sources: LALLEMAND, ALAIN | Le Soir | Samedi 18 novembre 2006 

Mafia Opération liégeoise au coeur de la mafia lituanienne

Les trafics d’autos du clan Daktaras ont connu un coup d’arrêt début novembre : arrestations, perquisitions. C’est un énorme coup de filet qu’ont réalisé la semaine dernière en Lituanie le parquet de Liège et la police fédérale, frappant au coeur l’une des plus puissantes et prestigieuses mafias de l’Est, le clan du parrain Henrikas Daktaras, basé à Kaunas. Selon nos confrères du journal de la ville, Kauno Diena, qui révélait l’affaire mardi, les forces antiterroristes lituaniennes baptisées « Aras » ont été mobilisées aux environs du 7 novembre, par les autorités belges, pour épingler le sous-clan Vaiciunas et mettre un terme à un trafic de voitures BMW, Mercedes et Audi (singulièrement Audi 6 et Audi 8).

Ce trafic reliait la Belgique à la Lituanie via l’Allemagne, et s’est étalé de 2000 à 2004 au moins. Quatre personnes ont été arrêtées, une dizaine de sociétés commerciales perquisitionnées.

Le contexte criminel dans lequel évolue cette enquête donne une idée de l’importance du coup de filet : le chef mafieux le plus en vue de Lituanie, Henrikas Daktaras, 49 ans, est bien connu des tribunaux nationaux et de la Cour européenne des droits de l’homme. Il fait même l’objet d’une notice spécifique et peu flatteuse dans l’édition lituanienne de l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Extorsion, chantage, obstruction à la justice, l’homme a été condamné dans les années nonante à plusieurs longues peines (notamment pour le trafic de quelque 800 voitures volées) mais n’a été réellement épinglé et incarcéré qu’il y a quelques mois. Il est actuellement détenu à Vilnius. Son propre fils, élu député à 22 ans, a été inculpé en 2004 pour trafic de drogue et blanchiment d’argent avec les Etats-Unis.

Or c’est l’une des cellules criminelles les plus importantes du clan Daktaras que visait la justice belge : le sous-clan d’un certain Remigijus Arvydas Vaiciunas, 44 ans, bras droit de Daktaras et connu pour trafic d’automobiles. Ce sous-clan, qui a déjà fait l’objet de condamnations et déportations en Sibérie sous l’ère soviétique, est un gang traditionnel qui tire de son ancienneté un certain « prestige » – même s’il est aujourd’hui en perte de vitesse. Vaiciunas lui-même n’est pas n’importe qui puisqu’il a fait l’objet cet été à son domicile d’une tentative de liquidation mafieuse et hollywoodienne.

Selon Kauno Diena, Vaiciunas est l’une des quatre personnes épinglées à la demande des policiers belges. Seconde figure importante : Viktoras Cesonis, pour sa part plutôt connu pour trafics de drogue. Nos confrères citent les noms de plusieurs sociétés commerciales perquisitionnées, toutes liées au commerce automobile : APGTS, Jumita, Lengvieji automobiliai, etc.

L’opération n’était pas diligentée par le parquet fédéral belge, mais par la juge d’instruction Mireille Julémont, du parquet de Liège, nous assure l’officier de liaison de la police fédérale belge à Varsovie. Tant Mme Julémont que Mme la substitute Mélot n’étaient pas disponibles ce vendredi pour commentaire.

Pour rappel, si Kaunas est connu en Lituanie pour être la « capitale du trafic » de voitures, Liège a expérimenté ces dernières années le rôle peu enviable de « capitale du recel, démantèlement, recomposition et maquillage » des voitures volées européennes à destination de l’Europe du Nord-Est. Il existe en région liégeoise des entrepôts lituaniens de démontage-maquillage de voitures et camions qui traitent un à deux véhicules chaque nuit. Malheureusement, Liège a longtemps été confrontée à l’inertie et à une certaine mauvaise foi de la part des forces de l’ordre lituaniennes ; le clan Daktaras en particulier semblait intouchable jusqu’en 2005.

Cette criminalité lituanienne est aussi active à Gand, Bruges, Anvers. Les Lituaniens ont acquis un grand professionnalisme, volent les modèles les plus récents. A la commande, copie conforme de Nicolas Cage dans Sixty seconds…

Vers un demi-siècle de prison

LE Nº 2 DU GANG, dit l’« étudiant », bientôt condamné par défaut, devrait être extradé à Liège. Le nº 3 risque 10 ans.

ALAIN LALLEMAND – jeudi 03 janvier 2008 – Le Soir

Triste réveillon pour la mafia de Kaunas (Lituanie) : malgré d’honorables plaidoiries délivrées ce lundi à Liège par leurs défenseurs, et qui se prolongeront ce lundi pour les inculpés de second ordre. On voit mal comment quelques-uns des dirigeants du clan mafieux « Daktarai », l’un des principaux de Lituanie, pourraient échapper à une cinquantaine d’années collectives de prison en Belgique.

A la mi-décembre, la substitute du procureur du Roi Véronique Mélot requérait 12 années à l’encontre des « numéros » un et deux de la famille mafieuse, respectivement Remigijus Vaiciunas et Viktoras Cesonis, ainsi que dix ans à l’encontre du « numéro trois » présumé Antanas Nemanis, détenu à Lantin. Avant la fin janvier, il est probable qu’ils écopent chacun d’une décennie au frais, ce qui, si on additionne leurs passifs lituanien, allemand et belge, devrait porter le total de leur expertise carcérale à près de quatre-vingts ans pour le trio. Quant à l’homme qui a implanté en 1996 la mafia de Kaunas en Belgique, Saulius Taparauskas, détenu à Verviers, le ministère public réclame une peine de six années. Cinq autres coïnculpés risquent deux années ferme.

Pour rappel, cette famille mafieuse lituanienne se retrouve devant la justice belge pour avoir opéré durant plus de dix ans (cinq ans selon le dossier final) des activités de vol, recel, maquillage et trafic international de milliers de voitures de luxe entre la Belgique (Anvers, Brecht, Wiinegem, Turnhout, Eupen, Alleur, Wandre, Herstal, avec développements à Charleroi et Namur), l’Allemagne (Kassel) et la Lituanie via la Pologne. Ces mafieux ont, sur cinq années, dérobé au bas mot 1.825 véhicules pour un montant supérieur à 37 millions d’euros. « L’organisation (…) enregistrait dans ses comptes un véhicule volé par jour ouvrable. » Leur arrestation est à porter au tableau de chasse de la division « grand banditisme » de la police fédérale de Liège, avec l’assistance de la justice, de la police et des forces spéciales « Aras » de Lituanie.

Comme toujours dans les dossiers mafieux, à la fois délicats et horriblement complexes – 700 écoutes téléphoniques, dont 460 utiles –, les audiences publiques ont à peine permis d’appréhender la dimension « mafieuse », pourtant étonnante. Ainsi, il est des périodes où l’organisation dérobait (démontait, reconditionnait et expédiait) deux voitures de luxe par jour, ce qui est un exploit rare. Le système de codage des conversations téléphoniques était à ce point alambiqué que la défense – c’est de bonne guerre – s’en est emparée ce lundi pour tenter d’établir des faiblesses dans l’instruction.

Il est des moments d’enquête, c’est vrai, où on a eu l’impression de nager en plein polar. Ainsi, lorsqu’un des suspects, Robertas Kostiukevicius, mis à l’amende par la famille mafieuse (en pratique : condamné à recevoir une balle dans chaque jambe) a été retrouvé égorgé dans sa prison de Kassel, le 24 octobre 2005, dans des circonstances telles que les autorités allemandes ont pu conclure au… suicide.

Et la dimension « polar » n’est pas près de s’éteindre. Si Kostiukevicius ne connaîtra jamais les lambris de la 13e chambre correctionnelle de Liège, il est paradoxal qu’au moment où les deux têtes de la famille mafieuse Vaiciunas et Cesonis doivent être condamnées par défaut, leur extradition semble enfin se concrétiser.

Le palais de justice de Liège doit ainsi s’attendre à voir arriver en 2008 en ses murs Viktoras Cesonis, dit « Studentas », qui pourrait fêter son 51e anniversaire en mai à Lantin. Profitant d’une hypertension pour laquelle il oublie systématiquement de se soigner à chaque tentative d’extradition (ce qui rend médicalement impossible son arrivée en Belgique), Cesonis a vu échouer ses derniers pourvois et, à la prochaine extradition programmée vers la Belgique, sera contraint de se soigner quoi qu’il arrive.

L’autre n’est rien moins que le chef de famille mafieuse Remigijus Vaiciunas, 45 ans, dit « Plugas ». Celui qu’on appelle l’« Eléphant » (195 cm, tout de même) est en contact direct, régulier, avec le parrain lituanien de Kaunas, Henrikas Daktaras, et avait pour sa part d’excellentes raisons d’invoquer l’empêchement médical pour toute extradition : le 9 août 2006, dans le cadre d’un règlement de comptes lié aux trafics de véhicules, des hommes armés de fusils-mitrailleurs l’ont plombé à domicile. L’homme a depuis lors perdu l’usage de ses jambes et se déplace sur de larges béquilles. Si « Plugas » devait lui aussi bientôt accepter d’être jugé à Liège, il est peu probable qu’il éclaire de ses déclarations les juges belges. Une indication : il connaît les noms de ceux qui l’ont estropié en 2006, mais ne les a jamais livrés. Il préfère s’occuper lui-même de leur sort, du haut de ses béquilles. Nous vous le disions : tout un monde…

 

Le dernier parrain s’est rangé des voitures

LALLEMAND, ALAIN – Mardi 2 juin 2009 – Enquête – Kaunas – De notre envoyé spécial

Il s’est envolé, probablement le 19 ou le 20 décembre 2008, quelques jours après avoir fêté son 52e anniversaire. Depuis, plus un chat dans les tourelles où se postaient ses gardes du corps, plus personne pour opérer les caméras protégeant sa résidence tapageuse d’Uzliedziai, en banlieue nord-ouest de Kaunas, en Lituanie.

Dix-neuf ans après l’indépendance nationale, le dernier parrain mafieux de Lituanie – peut-être le dernier d’Europe du Nord – s’est résolu à quitter le pays, enfin alerté par les enquêtes judiciaires menées sur son propre « territoire ». Si cette fuite a de quoi inquiéter nombre de pays d’Europe, dont l’Allemagne et la Belgique, où le parrain avait jeté ses filets, elle est somme toute une victoire pour la Lituanie.

Car Henrikas Daktaras, casier judiciaire nº 35712120046, est tout à la fois le produit de la criminalisation de l’URSS agonisante, et de l’ultralibéralisme sauvage des premières années d’indépendance. Se débarrasser de lui, ou parvenir à l’effrayer, c’est enfin tourner le dos à un certain passé.

Imaginez : la première condamnation de celui qui allait devenir la seule et unique « autorité criminelle de Kaunas » (« Kauno Nusikalteliu Autoritetas ») remonte au 23 juin 1976. Des « troubles à l’ordre public » – Moscou n’a jamais admis la possibilité que se développe du crime organisé sous régime soviétique – qui lui vaudront un an de travail obligatoire. Et puis, au cours des 29 années ininterrompues de délits et crimes, arrestations, procès qui s’en suivront, ce sera la litanie des camps, prisons, centres de détention : le camp PDK-8 de Kaunas (sous régime soviétique), la cellule d’isolement du KGB à Vilnius en 1986, l’exil forcé et le camp de travail PDK-5 à Novosibirsk en 1988.

Même si le Lituanien ne devient jamais une « autorité à la russe », il mène une carrière mafieuse exemplaire basée sur le racket, ce qui lui vaudra de devenir le roi de Vilijampolé, sur la rive droite du fleuve Neris – le nord-ouest de Kaunas (notre infographie) – avant d’élargir son autorité aux autres gangs des quartiers de Zaliakalnis (centre), Zemieji Sanciai (sud-est), puis de rayonner vers Vilnius et bientôt la Pologne, l’Allemagne, la Belgique, la France. Oui, la Belgique : il touche sa dîme sur les trafics de voitures lancés à Herstal en 1995 et ses hommes, traqués par la section banditisme de Liège, se déplaceront dix ans plus tard en région de Wijnegem, Turnhout et Anvers.

Lorsque la mafia de Vilnius sombre au milieu des années nonante (leur chef Boris Dekanidzé est exécuté en juillet 1995), Daktaras demeure le seul mafieux d’envergure européenne en Lituanie, voire dans les Etats baltes. Le clan « Daktarai » prolifère.

« Il a le culte du Parrain, note le jeune procureur Gediminas Buciunas, qui lui a donné la chasse à Kaunas. Lors des perquisitions, on a retrouvé chez lui le livre de Mario Puzo et la trilogie qu’en a tirée Coppola. » Daktaras, qui se plaindra pourtant devant la Cour européenne des droits de l’homme d’être victime de préjugés (il gagne son recours en octobre 2000), n’a d’ailleurs pas rechigné à publier sa propre autobiographie de parrain mafieux, plaisamment intitulée Rester humain.

Humain. Malgré les expéditions punitives, malgré les rivaux disparus, malgré les balles tirées dans les jambes de ceux qui refusent de payer. Et malgré près de deux mille voitures volées en Belgique par ses lieutenants.

Mais alors, s’il n’a pas de complexe, pourquoi Daktaras a-t-il soudain fui un pays qu’il mettait à sac depuis 33 ans, une ville où on peut pointer du doigt, sur la riche avenue Savanoriu, les immeubles modernes où il a blanchi son argent ?

Parce que la mafia lituanienne connaît elle aussi, désormais, ses « repentis ». Intégrée à l’Union européenne et à l’espace Schengen, la Lituanie peut organiser la protection à l’étranger de mafieux disposés à collaborer.

De sa prison allemande, Liukpetris, un as de la cambriole, évoque les avocats ripous, les punitions à coups de couteau dans la cuisse ou le ventre, et au moins – défense de rire – un cas de « suicide » en prison par égorgement.

De son lit d’hôpital, un autre mafieux, Kapucinas, a expliqué au procureur Buciunas comment il avait tenté de quitter le clan Daktarai et comment, en pleine ville, deux tireurs sont alors venus le surprendre dans sa voiture et lui « plomber » les jambes.

Et cette déferlante de paroles s’est accélérée lorsqu’à Vilnius, dans les bureaux ultramodernes du parquet général, le procureur en chef de la section « crime organisé et corruption » Kliunka, a osé rouvrir de vieux dossiers. Ainsi, cette tuerie survenue le 7 octobre 1993 – il y a seize ans ! – au restaurant Vilula de Kaunas : cinq hommes refroidis en quelques secondes au fusil-mitrailleur. Et le seul qui soit réellement visé – Daktaras – en réchappe. Curieux, non ? Par contre, le rival, Ganusauskas dit « le Mongol », disparaît quelques semaines plus tard… Pas de corps, pas d’indice : nettoyé.

Or ces derniers mois, Vilnius a procédé à de nouvelles arrestations, dont celle d’un certain Guzas, que Daktaras a trahi. Il pourrait parler.

Et puis il y a les écoutes téléphoniques, parfois cruelles, dont la police lituanienne est friande. Heureusement pour les Belges : c’est ainsi que fin juillet 2008, Vilnius a appris qu’un projet d’évasion à l’explosif se tramait à Lantin. De la prison liégeoise, un détenu serbe avait utilisé son portable pour appeler en renfort un groupe criminel lituanien. Les grandes oreilles baltes ont permis à la Belgique d’éviter le pire.

Dans ce contexte, Daktaras a enfin pris peur et s’est envolé. Probablement dans la péninsule ibérique, car c’est là que, depuis plusieurs années, se convertissait dans l’immobilier le trésor de guerre du clan Daktarai. Quelques témoignages, des éléments de recherche électronique, pointent l’Espagne, mais qu’importe : remontent aujourd’hui à la surface une masse de témoignages qui mettent à nu un réseau mafieux actif jusqu’en Europe de l’Ouest.

On y retrouve pêle-mêle les traces d’articulation entre Lituaniens et Albanais, on y parle d’un as du maquillage installé à Charleroi, d’un certain entrepôt de Namur où se déroulaient les activités de démonteurs-maquilleurs de voiture.

Plus inquiétant pour la justice (belge notamment) : les repentis expliquent comment certains avocats d’Europe de l’Ouest sont devenus, bien plus que les défenseurs d’inculpés, de vrais intermédiaires mafieux. Certains barreaux vont s’en étrangler.

Et soudain, où qu’il se trouve aujourd’hui, Henrikas Daktaras nous semble plus proche que jamais, presque tapi dans l’ombre de nos villes.

Entre Vilnius et Liège, ça coince

Vilnius| De notre envoyé spécial

Lorsqu’il s’agit de s’unir pour chasser le mafieux, tout ne va pas toujours pour le mieux entre Belgique et Lituanie, même si nous sommes au cœur de l’Union. Ainsi, à l’été 2008, après six années d’enquête, Liège a condamné par défaut deux lieutenants de Daktaras, Vaiciunas dit « la charrue » et Cesonis dit « l’étudiant », à dix années de prison. Une peine confirmée après opposition des avocats belges des inculpés, donc en débat contradictoire.

Par voie de mandat d’arrêt européen, Liège demande leur arrestation et leur extradition : leurs résidences sont connues, ils ne sont pas en fuite. Pourtant, cela va faire un an que le dossier traîne. Comme nous l’explique le procureur Rolandas Tilindis, en charge de la cellule des relations internationales du parquet général lituanien, l’extradition ne peut avoir lieu qu’une fois la décision belge devenue définitive. Donc après procès en appel.

Réponse curieuse, car des agents belges se sont déjà rendus en Lituanie en 2007 pour obtenir l’extradition des inculpés. A l’époque, si l’extradition n’a pas été matériellement possible, les autorités lituaniennes étaient d’accord pour extrader au moins l’un des mafieux, Viktoras Cesonis. Ce n’est donc pas la loi lituanienne qui semble empêcher cette extradition, mais bien une pression nouvelle des avocats. Quoi qu’il en soit, après quelques mois d’hésitations, Liège vient de décider de fixer audience : le procureur général Cédric Visart de Bocarmé évoque la perspective d’un procès en automne. Une nouvelle demande d’extradition suivra.

Mais ce n’est pas tout. A Vilnius, le procureur Tilindis ouvre une farde épaisse où sont consignées les notifications officielles des condamnations belges aux deux inculpés – la magistrature et la police lituaniennes accomplissent leurs devoirs – mais aussi des dizaines d’avis médicaux empêchant toute extradition. Quand la police approche Cesonis d’un avion pour lui faire gagner de force les prisons belges, Cesonis est pris de tachycardie.

Vrai malaise ou joli bidon ? Les médecins et magistrats lituaniens ont tranché : il n’y aura extradition que si on n’observe pas « les signes objectifs d’aggravation ou de complication nécessitant l’hospitalisation » ; il faut que « le déplacement en voiture ou en avion n’ait pas d’effet préjudiciable à sa santé ».

Au départ, la corruption d’un médecin cardiologue de Kaunas était patente, quoique jamais établie. La police lituanienne lui a fait comprendre que la chose ne pouvait se reproduire. Mais depuis, d’autres centres, d’autres médecins ont alimenté le dossier. Ceux-là parlent d’« attaque vasculaire cérébrale itérative », d’infarctus à répétition, de paralysie du côté gauche… En janvier, un médecin lituanien affirme que le condamné restera probablement handicapé à vie.

Le dernier élément remonte à ce 22 avril : un fax écrit de la propre main de Cesonis qui, sans trembler, annonce qu’il va être hospitalisé et à nouveau opéré du cœur ce 24 avril à l’hôpital de Kaunas. Question : si le mafieux est handicapé à vie, la Belgique peut-elle au moins transmettre l’arrêt à la Lituanie pour que la peine soit purgée en Lituanie ?

– « Non, répond Tilindis, car la Belgique n’a pas ratifié la convention européenne de 1972 relative au transfert de procédures. Mais sur base d’une autre convention, relative à l’échange d’informations, il est possible de nous envoyer le dossier, pour avoir une procédure lituanienne. »

– Donc vous recommenceriez un nouveau procès en Lituanie ?

– Oui. C’est une possibilité.

– Ce serait très lourd : la Belgique a passé sept années sur ce dossier. On peut imaginer qu’avec l’appel, cela dure huit ou neuf ans. Si vous refaites un procès, la justice ne sera sans doute pas rendue avant 2012. Dix ans d’enquête et procédures. Le mafieux sera-t-il encore vivant ?

– Dura lex sed lex…

De la prison belge aux punitions de la mafia

Verbatim

Parmi les repentis lituaniens, il en est qui évoquent la Belgique.

« Aujourd’hui, je me sens bien. J’ai déjà fait du sport ce matin à la prison. (…) Depuis 2003, depuis que je suis sorti de prison en Belgique, je ne travaille plus pour eux. Si je balance aujourd’hui, c’est parce que j’espère en retirer des avantages pour mon propre procès. Je voudrais commencer une nouvelle vie.

J’ai peur pour ma propre vie, celle de ma famille. En 2003, j’ai été sévèrement battu par cette mafia. J’ai même une fois reçu un coup de couteau dans le côté droit. Après une semaine seulement, j’ai quitté ma chambre, signé une décharge et suis sorti de l’hôpital pour aller mettre ma famille à l’abri : l’organisation avait poussé le vice jusqu’à me rendre des visites dans ma chambre d’hôpital.

Il faut savoir qu’entre avril 2002 et juin 2003, j’ai purgé en Belgique une peine de prison de quatorze mois pour vol de voitures. Un démonteur-maquilleur avait été arrêté en même temps que moi. Après quatre mois, la Belgique l’a libéré. J’ai appris qu’il avait été battu par l’organisation dès son retour en Lituanie. Puis il a été convoqué pour un “entretien” plus formel : “La charrue” voulait qu’il soit à nouveau passé à tabac, mais à la place, il lui a été demandé de payer une amende de 5.000 euros. C’était la règle : les démonteurs-maquilleurs arrêtés en Belgique ont tous été obligés de payer des “amendes” à l’organisation.

Toutes les personnes arrêtées en Belgique devaient payer une amende pour les soi-disant déclarations qu’on aurait faites à la police belge.

C’est pour cela que je ne voulais plus travailler pour l’organisation. En cas d’arrestation, il nous avait été rabâché, dès le début, que nous ne devions faire aucune déclaration. Que quelqu’un puisse donner des renseignements sur les chefs de l’organisation était simplement impensable. D’après moi, dans un tel cas, on ne s’en serait sorti ni avec une amende ni une correction : il valait mieux ne jamais retourner en Lituanie !

Et c’est un incident de ce type qui m’a convaincu de quitter l’organisation. (…) Ils n’ont rien voulu entendre et m’ont mis à l’amende : 20.000 euros. L’organisation a été très claire : ces 20.000 euros devaient être payés d’une manière ou d’une autre. J’ai demandé un rendez-vous à Daktaras : je lui ai expliqué comment je voyais l’affaire. Il m’a certifié qu’il allait s’occuper de la situation, et qu’il exigerait des autres de me laisser tranquille. Une à deux semaines après, j’ai pourtant été tabassé, puis frappé d’un coup de couteau dans les lombaires. C’est cela, le coup de couteau de juillet 2003. Après mon séjour à l’hôpital, et puisqu’ils étaient venus me rendre visite jusque dans ma chambre, j’ai littéralement disparu de la circulation : je me suis planqué pendant six mois dans un village de Lituanie, avec ma famille.

Lorsqu’après six mois, nous sommes retournés dans notre appartement, il y avait déjà, le soir même, devant notre maison, des hommes avec des voitures. Quatre personnes munies de battes de base-ball – ces hommes de main qu’on appelle des “torpilles”. Ils sont venus à la porte de notre appartement ; ils déclaraient vouloir me parler. Nous avions peur, nous ne les avons pas laissés entrer. »

Mafia lituanienne : les professionnels du vol de voitures de luxe

12 Octobre 2009 – http://www.secunews.be/news.asp?ID=695

En décembre 2006, le Parquet de Liège, la police fédérale belge et les forces antiterroristes lituaniennes frappaient à Kaunas, une petite ville de Lituanie, au cœur de l’une des plus puissantes mafias de l’Est : le clan du parrain Henrikas Daktaras et, plus exactement, le sous-clan dirigé par son bras droit Vaiciunas, connu pour trafic d’automobiles. En quatre ans, ce clan avait dérobé près de 2000 véhicules de marque, pour une valeur de 40 millions d’euros.

Daktaras lui-même sera arrêté, le 11 septembre de cette année, en Bulgarie, où il vivait sous une fausse identité. Fruit des efforts conjoints des polices britannique, norvégienne et espagnole, et de la collaboration entre les services de renseignement lituaniens, le ministère de l’Intérieur bulgare et Interpol, cette arrestation met un terme à la cavale de celui qui est soupçonné d’être impliqué dans une trentaine de meurtres, des enlèvements, des trafics de drogues et pour possession illégale d’armes. Elle risque aussi de provoquer des remous dans la classe politique lituanienne, certains de ses représentants étant soupçonnés de collusion avec le clan Daktaras…

Quelques années auparavant, le Service Judiciaire d’Arrondissement (SJA) de Liège, en collaboration avec les polices locales et des unités spéciales d’arrestation, neutralisaient dix membres de la mafia lituanienne. La bande était, elle aussi, active dans le trafic international de véhicules.
Les points communs de ces deux affaires : elles impliquent la mafia lituanienne et Liège, considérée à ce moment par les enquêteurs, comme l’une des principales plaques tournantes du recel, du démantèlement, de la recomposition et du maquillage des véhicules volés et promis à une seconde vie au nord-est de l’Europe.

Historique

Au même titre que les organisations criminelles des autres Etats baltes, la mafia lituanienne fut durement frappée sous l’ère communiste, plusieurs de leurs responsables ayant été déportés en Sibérie, purgeant des peines dépassant parfois 20 ans. C’est là, dans la dureté du goulag, qu’ils se forgèrent une «réputation» et une expérience qui leur permirent notamment, après l’effondrement du communisme en 1990, de rebondir et de se lancer dans une série d’activités illégales mais lucratives : blanchiment, vols de voitures, racket, prostitution, trafic de stupéfiants, etc.

Cette expérience durement acquise lui permit aussi d’évincer progressivement les voleurs dans la loi (parrains) russes et géorgiens qui occupaient le terrain depuis des années, preuve incontestable d’un certain «dynamisme». Ce degré d’indépendance par rapport à la mafia russe, qui apparaît, aux yeux des spécialistes, plus important que celle dont jouissent actuellement leurs homologues estoniennes et lettonnes, semble toutefois ne pas interdire aux organisations criminelles lituaniennes certaines collaborations ponctuelles avec le crime russe, notamment pour l’approvisionnement de BMK, l’un des précurseurs des amphétamines…

Notons encore que, traditionnellement, le crime organisé lituanien s’est développé sur un mode d’organisation territoriale, chaque groupe s’appuyant sur les grandes villes du pays comme bases d’opération.

H.Daktaras belgų žurnalisto akimis

2009-06-13 - http://klaipeda.diena.lt/naujienos/kriminalai/h-daktaras-belgu-zurnalisto-akimis-223067
Paskutinysis mafijos krikštatėvis ne tik Lietuvoje, bet galbūt paskutinysis visoje Šiaurės Europoje. Taip Kauno nusikaltėlių lyderį Henriką Daktarą pristato belgų žurnalistas Alainas Lallemand’as.

Praėjusią savaitę laikraštyje “Le Soir” išspausdintame rašinyje pasakojama apie Daktarų gaujos pėdsakus ne tik Lietuvoje, bet ir Europoje.

Kaune ir Vilniuje viešėjęs žurnalistas rašinyje dėsto ir savą versiją, kur dabar gali slapstytis Kauno nusikaltėlių lyderis.

Mafijos krikštatėvis pasitraukė

Jis dingo tikriausiai 2008 m. gruodžio 19 arba 20 d., praėjus vos kelioms dienoms po savo 52-ojo gimtadienio. Nuo to laiko – jokios dvasios bokšteliuose, kur stovėjo jo asmens sargybiniai, ir jokio asmens, kuris stebėtų kameras, saugančias jo ištaigingą rezidenciją Užliedžiuose, užmiestyje, kuris yra įsikūręs Kauno šiaurės rytuose, Lietuvoje.

Praėjus devyniolikai metų po to, kai buvo atgauta šalies nepriklausomybė, paskutinysis mafijos krikštatėvis Lietuvoje – ir galbūt paskutinysis visoje Šiaurės Europoje, nusprendė palikti šalį, įbaugintas teisinių tyrimų, kurie atvedė į jo paties “teritoriją”. Jei šis pabėgimas ne be priežasties kelia nerimą kai kurioms šalims, tokioms kaip Vokietija ir Belgija, kuriose krikštatėvis buvo užmetęs savo tinklus, tai Lietuvai jis yra svarbi pergalė.

Vien todėl, kad Henrikas Daktaras (žinios apie teistumą Nr. 35712120046) yra merdinčio SSRS nusikalstamumo ir laukinio pirmųjų nepriklausomybės metų ultraliberalizmo “produktas”, atsikratyti jo ar įstengti jį įbauginti reiškia pagaliau atsukti nugarą šiam praeities etapui.

Įsivaizduokite: pirmasis jo, vėliau tapusio vieninteliu “Kauno nusikaltėlių autoritetu”, teistumas buvo dar 1976 m. birželio 23 d. “Viešosios tvarkos pažeidimai” – Maskva niekada net neturėjo minties, kad veikiant sovietiniam režimui gali keroti organizuoti nusikaltimai, – jam atsiėjo metai viešųjų darbų. Paskui – 29 metus trukusi nepertraukiamų nusižengimų ir nusikaltimų, sulaikymų, teismų virtinė. Ją sekė pataisos darbų kolonijų, kalėjimų, įkalinimo įstaigų litanija: pataisos darbų kolonija Kaune (esant sovietiniam režimui), KGB vienutė Vilniuje 1986 m., priverstinė tremtis Novosibirsko kolonijoje 1988 m.

Mafiozo karjera Rusijoje

Nors lietuvis niekada netampa “rusų autoritetu”, jis darė pavyzdinę mafiozo karjerą, kurios pagrindas buvo reketas. Pirmiausia jam reikėjo tapti Vilijampolės, dešiniojo Neries upės kranto Kauno šiaurės vakaruose, karaliumi, kad sustiprintų savo autoritetą tarp kitų Žaliakalnio (centras), Žemųjų Šančių (pietryčiai) rajonų gangsterių ir suspindėtų Vilniuje, o netrukus ir Lenkijoje, Vokietijoje, Belgijoje, Prancūzijoje. Belgijoje 1995 m. jis gaudavo savo dešimtinę iš nelegalios vogtų automobilių prekybos, o jo vyrai, medžiojami Liežo banditų gaujų, dar po dešimties metų persikėlė į Veinegemo, Tiurnhauto ir Antverpeno regionus.

Kai paskutiniajame XX a. dešimtmetyje Vilniaus mafija skendo (jos vadas Borisas Dekanidzė buvo nuteistas myriop 1995-ųjų liepą), Daktaras tapo vieninteliu europinio masto mafiozu Lietuvoje ir galbūt visose Baltijos valstybėse. Daktarų klanas suklestėjo.

Žmogiškoji Daktaro pusė

“Jis turi Krikštatėvio kultą”, – sakė Gediminas Bučiūnas, jaunas prokuroras, surengęs jo medžioklę Kaune. – Per kratą pas jį radome Mario Puzo knygą ir Francio F.Coppolos trilogiją.” Daktaras, kuris vis dėlto įtikino Europos Žmogaus Teisių Teismą buvęs išankstinio nusistatymo auka (jo prašymas buvo patenkintas 2000-ųjų spalį), net nepasikuklino išleisti savo paties, kaip mafijos krikštatėvio, autobiografijos, maloniu pavadinimu “Išlikti žmogumi”.

Žmogiškas. Nepaisant baudžiamųjų ekspedicijų, nepaisant dingusių varžovų, nepaisant kulkų, paleistų į kojas tiems, kurie atsisako mokėti. Ir nepaisant daugiau nei 2 tūkst. automobilių, kuriuos jo žmonės pavogė Belgijoje. Bet jei jau neturi jokių skrupulų, kodėl Daktaras staiga bėga iš šalies, kurią jau 33 metus apvaginėjo, iš miesto, kurio turtingame Savanorių prospekte apstu modernių pastatų, kuriuose jis plovė pinigus?

Todėl, kad lietuvių mafija nuo šiol taip pat pažįsta savo “liudininkus”. Įstojusi į ES ir prisijungusi prie Šengeno erdvės, Lietuva gali organizuoti mafiozų, sutikusių bendradarbiauti, apsaugą užsienyje. Liukpetris, vienas iš vagių, sėdėdamas Vokietijos kalėjime paliudijo apie bausmes peilio dūriais į koją ar pilvą ir bandymą kalėjime “nusižudyti” persipjovus gerklę.

Gulėdamas ligoninėje kitas mafiozas Kapucinas (Gintaras Kučys) papasakojo prokurorui G.Bučiūnui, kaip mėgino palikti Daktarų klaną ir kaip vidury miesto du snaiperiai netikėtai “užsuko” į jo mašiną ir suvarpė kulkomis kojas.

Pabėgimo planas neišdegė

Tokia liudijimų banga sustiprėjo, kai Vilniuje, generalinės prokuratūros biuruose, Organizuotų nusikaltimų ir korupcijos tyrimo departamento vyriausiasis prokuroras Algimantas Kliunka išdrįso peržiūrėti senas bylas. Tarp jų – 1993 m. spalio 7 d. – prieš šešiolika metų! Kauno restorane “Vilija” įvykdytos skerdynės: penki vyrai automatais sušaudyti per kelias sekundes. Tikruoju taikiniu turėjęs būti Daktaras vienintelis išvengė kulkų. Smalsu, ar ne? Beje, jo varžovas Rimantas Ganusauskas, pravarde Mongolas, dingo po keleto savaičių. Nei kūno, nei jokio ženklo: prasmego.

Paskutiniais mėnesiais Vilnius inicijavo naujus sulaikymus, tarp jų – Guzo (Vidmantas Gudzinskas), kurį Daktaras išdavė. Jis galėtų kalbėti.

Be to, yra pokalbių klausymosi įrašai, kartais žiaurūs, jų Lietuvos policija turi daugybę. Belgų laimei, mat kaip tik jų dėka 2008-ųjų liepos pabaigoje buvo sužinota, kad pabėgimo su sprogmenimis planas buvo rezgamas Lantene. Iš Liežo kalėjimo kalinys serbas mobiliuoju telefonu skambino ir lietuvių nusikaltėlių grupei. Didelės baltų ausys apsaugojo Belgiją nuo blogesnio scenarijaus.

Spruko į Pirėnus?

Matydamas visa tai Daktaras pagaliau išsigando ir pradingo. Tikriausiai Pirėnų pusiasalyje, nes būtent čia jau keletą metų Daktarų klano pinigai buvo paverčiami nekilnojamuoju turtu. Keletas įrodymų, elektroninės paieškos detalės veda į Ispaniją, tačiau svarbiausia tai, kad šiandien į dienos šviesą iškyla masė įrodymų, atskleidžiančių aktyvų mafijos tinklą iki Vakarų Europos.

Aptinkamas painus lietuvių ir albanų ryšys, kalbama apie Šarlerua įsikūrusį slėptuvių asą, apie prekių sandėlį Namiūre, kur rutuliojosi automobilių išmontuotojų maskuotojų veikla. Belgų teisėsaugai labiausiai nerimą kelia liudininkų aiškinimai, kad kai kurie Vakarų Europos advokatai tapo daugiau nei kaltinamųjų gynėjais – mafiozų tarpininkais. Kai kurias advokatūras tai galiausiai užsmaugs. Kad ir kur šiandien būtų, H.Daktaras yra taip arti mūsų kaip niekada, beveik susiliejęs su mūsų miestų šešėliu.

Tarp Vilniaus ir Liežo

Kalbant apie jėgų sutelkimą mafiozų medžioklei, tarp Lietuvos ir Belgijos ne viskas einasi taip, kaip norėtųsi, nors esame ES širdyje. Kad ir atvejis, kai 2008-ųjų vasarą, po šešerius metus trukusio tyrimo, Lieže dešimčiai metų buvo nuteisti du Daktaro pagalbininkai – Remigijus Vaičiūnas (Limpukas) ir Viktoras Česonis, pravarde Sonia. Bausmė nebuvo patvirtinta po kaltinamųjų advokatų belgų prieštaringų debatų.

Pagal Europos arešto orderį Liežas paprašė juos sulaikyti ir taikyti ekstradiciją: jų nuolatinės gyvenamosios vietos žinomos, jie nėra bėgliai. Vis dėlto šis dokumentas net metus buvo vilkinamas. Kaip mums paaiškino Lietuvos Generalinės prokuratūros Tarptautinių ryšių ir teisinės pagalbos skyriaus vyriausiasis prokuroras Rolandas Tilindis, ekstradicija gali būti atlikta tik kartą, po galutinio belgų nuosprendžio. Taigi, po apeliacijos.

Įdomus atsakymas, nes belgų įgaliotiniai jau buvo atvykę į Lietuvą 2007-aisiais prašyti kaltinamųjų ekstradicijos. Tąkart, nors ekstradicijos atlikti fiziškai buvo neįmanoma, lietuvių pareigūnai buvo davę sutikimą perduoti bent vieną mafiozą, Viktorą Česonį. Taigi šiai ekstradicijai kliudė tikrai ne Lietuvos įstatymai, o naujų advokatų spaudimas. Kad ir kaip viskas buvo, po keletos neryžtingumo mėnesių Liežas nusprendė paskelbti teismo posėdžio datą: generalinis prokuroras Cédricas Visart de Bocarmé kalbėjo apie perspektyvą procesą pradėti rudenį. Toliau sekė naujas ekstradicijos prašymas.

Kelias ekstradicijai užkirstas

Tačiau tai – ne viskas. Vilniuje prokuroras R.Tilindis praskleidė neaiškių dokumentų šūsnį, kurioje – perduodamos oficialios belgų nuosprendžio dviem kaltinamiesiems pažymos – Lietuvos prokuratūra ir policija atliko savo pareigą, – taip pat dešimtys medikų išvadų, užkertančių kelią ekstradicijai. Policijos palyda į lėktuvą V.Česoniui sukelia tachikardiją.

Rimtas negalavimas ar graži migla? Lietuvos gydytojai ir teisininkai išdrožė: ekstradicija bus vykdoma tik tada, jei nekils komplikacijų ar nepaaštrės liga, be to, reikia užtikrinti, kad gabenimas automobiliu ar lėktuvu nepakenks sveikatai.

Tąkart Kauno kardiologo korupcija buvo akivaizdi, tačiau taip ir nenustatyta. Lietuvių policija jį privertė suprasti, kad tai nepasikartos. Tačiau nuo to laiko pažymas parūpindavo kiti centrai, kiti gydytojai. Šiose jau rašoma apie ištinkantį pasikartojantį kraujagyslių paralyžių, pasikartojantį infarktą, kairiosios pusės paralyžių… O sausį vienas lietuvių gydytojas patvirtino, kad nuteistasis tikriausiai visam gyvenimui liks invalidas.

Paskutinė detalė iškilo balandžio 22 d.: faksas, parašytas paties V.Česonio, pranešantis, kad jis netrukus bus paguldytas į Kauno ligoninę, kur balandžio 24 d. dar kartą bus atlikta širdies operacija. Klausimas: jei mafiozas yra invalidas visam gyvenimui, ar Belgija gali bent jau perduoti arešto orderį Lietuvai, kad bausmė būtų atliekama Lietuvoje?

“Ne, – atsakė R.Tilindis, – nes Belgija neratifikavo 1972 m. Europos konvencijos dėl baudžiamojo proceso perdavimo. Bet remiantis kita konvencija dėl informacijos perdavimo, galima mums atsiųsti bylą, kad būtų pradėtas jos procesas Lietuvoje.”

– Taigi jūs pradėsite naują bylos procesą Lietuvoje?

– Taip. Yra tokia galimybė.

– Tai būtų labai sunku: Belgijai prireikė septynerių metų šiai bylai išnagrinėti. Galima numanyti, kad su apeliacija tai užtruks aštuonerius ar devynerius metus. Jei jūs iš naujo pradėsite bylos procesą, teisingumas įsigalės ne anksčiau kaip 2012 m. Dešimt metų tyrimo ir procedūrų. Kažin ar mafiozas dar bus gyvas?

– Dura lex sed lex (žiaurus įstatymas, bet įstatymas – lot.)…

 

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